Tu te réveilles avec un ventre plat. Tu enfiles ton jean préféré sans problème. Et puis, vers 16 h, quelque chose se passe. Ton abdomen durcit, gonfle, se soulève. À 18 h, on te demande si tu attends un heureux événement. Ce n'est pas l'imagination, ce n'est pas le repas du midi, ce n'est pas "le stress". C'est l'endobelly — un phénomène réel, documenté, et encore trop souvent minimisé par le corps médical.
70 % des femmes atteintes d'endométriose vivent avec ce symptôme au quotidien. Et elles ne sont pas les seules : 45 % des femmes présentant des déséquilibres hormonaux — SOPK, périménopause, dominance œstrogénique — rapportent ce ventre gonflé hormonal cyclique qui ne répond à aucun régime, à aucun médicament contre les gaz, à aucune explication raisonnable.
Sophie, 31 ans, diagnostiquée endométriose stade 3 : "J'ai arrêté de porter des robes ajustées. Non pas parce que j'avais grossi — je fais la même taille depuis 5 ans — mais parce que je ne savais jamais dans quel état serait mon ventre le soir."
Comprendre l'endobelly, c'est d'abord comprendre que ce n'est pas du gras. C'est de l'inflammation. C'est de la rétention hydrique viscérale. C'est de la dysfonction hormonale. Et des solutions existent — naturelles, médicales, et surtout concrètes. Ce guide complet te donne les mécanismes biologiques réels, les outils pour différencier l'endobelly d'autres causes, et un protocole d'action de 12 semaines.
En France, 1,5 million de femmes souffrent d'endométriose (1 femme sur 10 en âge de procréer). L'errance diagnostique moyenne est de 7 ans. L'endobelly est l'un des symptômes les plus visibles — et pourtant, il reste rarement pris en charge.
1. Endobelly : définition et mécanismes biologiques
1.1 Qu'est-ce que l'endobelly exactement ?
L'endobelly est un terme anglais popularisé dans les années 2020 par la communauté des femmes atteintes d'endométriose. Il désigne un gonflement abdominal cyclique, d'apparition rapide (30 minutes à 4 heures), associé à une sensation de dureté abdominale, souvent accompagné de douleur pelvienne ou peri-ombilicale.
En français, on parle de "ventre gonflé hormonal" ou de "ballonnement abdominal d'origine hormonale". Mais ces termes ne rendent pas compte de la spécificité du phénomène : contrairement au ballonnement digestif classique, l'endobelly ne disparaît pas après défécation ou émission de gaz. Il persiste 12 à 24 heures, parfois davantage, et réapparaît de façon cyclique — souvent dans les 7 à 10 jours précédant les règles, ou lors de l'ovulation.
Ses caractéristiques distinctives :
- Apparition rapide et soudaine — parfois en moins d'une heure
- Texture dure et lisse — différente du ventre mou des ballonnements digestifs
- Symétrie — le gonflement est souvent global, sus-ombilical ou épigastrique
- Association à la douleur — douleurs ovariennes, pelviennes, lombaires
- Insensibilité aux médicaments anti-gaz (siméticone, charbon actif seul) lors des crises aiguës
1.2 Les 5 causes biologiques réelles
Cause 1 — Récepteurs œstrogènes hypersensibles (45 % des cas)
Certaines femmes expriment un nombre anormalement élevé de récepteurs aux œstrogènes dans le fascia abdominal et les viscères. Ces polymorphismes génétiques (gènes ESR1/ESR2), bien documentés dans la littérature sur l'endométriose, amplifient la réponse locale aux fluctuations hormonales : chaque pic ou chute d'œstrogènes déclenche une vasodilatation locale, une rétention d'eau intra et extra-cellulaire dans les tissus abdominaux.
Cause 2 — Inflammation viscérale chronique (60 % des cas)
L'endométriose est une maladie inflammatoire systémique, pas uniquement une pathologie utérine. Selon l'étude de Garcia-Solares et al. (2018, Journal of Clinical Medicine), 90 % des femmes endométriose présentent une inflammation péritonéale active. Cette inflammation élève les marqueurs IL-6, TNF-α, CRP et les cytokines pro-inflammatoires, qui augmentent la perméabilité intestinale (leaky gut) et créent un œdème viscéral chronique — visible sous forme de gonflement abdominal.
🔬 Étude clé — Garcia-Solares et al., 2018 (J Clin Med)
Analyse de 147 patientes endométriose vs 52 contrôles saines. Inflammation péritonéale active retrouvée chez 90 % des cas. Les taux de TNF-α et IL-6 dans le liquide péritonéal sont corrélés à l'intensité des gonflements abdominaux rapportés.
Cause 3 — Dysfonction de l'innervation viscérale (40 % des cas)
L'endométriose provoque une innervation neurale excessive des tissus péritonéaux : les fibroblastes endométriosiques expriment des neurokinines qui perturbent le système nerveux autonome viscéral. Cette dénervation sympathique dérègle la vasoconstriction locale, créant une inflammation vasculaire qui fait gonfler les viscères sans mécanisme "gaz" classique.
Cause 4 — Rétention hydrique hormonale (70 % des cas)
La baisse de la progestérone en phase lutéale tardive stimule l'aldostérone, qui favorise la rétention de sodium et d'eau. L'eau s'accumule dans la paroi intestinale (intra-muqueuse) et dans les espaces péri-viscéraux, produisant ce gonflement dur et douloureux. C'est pourquoi l'endobelly est classiquement pire dans les 7 à 10 jours avant les règles.
Cause 5 — Dysmotilité intestinale (50 % des cas)
L'endométriose touchant les nerfs intestinaux ralentit la motricité du côlon. Ce transit ralenti accumule gaz et matières sans pour autant répondre aux régimes FODMAP ou aux laxatifs. Ce mécanisme est différent du syndrome de l'intestin irritable (SII) : il est causé par une dysfonction neurologique, pas par une hypersensibilité digestive.
1.3 Endobelly vs autres causes de ventre gonflé
Le tableau suivant est crucial pour orienter le diagnostic et ne pas confondre un ventre gonflé hormonal avec d'autres pathologies :
| Cause | Apparition | Texture | Signes associés | Disparition |
|---|---|---|---|---|
| Endobelly | Rapide (30 min–4 h) | Dur, lisse, symétrique | Douleur ovarienne, SPM | Lent (12–24 h) |
| SII / Ballonnement | Progressif | Mou, irrégulier | Diarrhée/constipation, gaz | Après défécation |
| Graisse viscérale | Stable, progressif sur mois | Mou, dépressible | Aucun | Stable |
| SOPK | Graduel | Mou, bas-ventre | Cycles irréguliers, acné | Stable |
| Grossesse | Progressif sur semaines | Dur, bas asymétrique | Aménorrhée, nausées | Stable |
| Ascite (grave) | Progressif sur jours | Liquide, flancs | Dyspnée, œdèmes | Stable sans traitement |
💡 Différence ventre gonflé vs grossesse
La question "suis-je enceinte ou gonflée ?" est très fréquente. Clé de différenciation : le gonflement d'une grossesse apparaît progressivement sur des semaines, se situe dans le bas-ventre et ne fluctue pas dans la journée. L'endobelly peut gonfler et dégonfler en quelques heures, est souvent sus-ombilical, et revient cycliquement avec le cycle menstruel.
2. Endobelly et conditions hormonales associées
2.1 Endométriose : le lien majeur
L'endométriose est la cause la plus documentée de l'endobelly. 70 % des femmes endométriose rapportent ce symptôme dans une intensité variable. La sévérité suit en général le stade de la maladie : minimale au stade 1, souvent invalidante au stade 4 (endométriose profonde, adhérences multiples).
L'endobelly peut cependant exister sans endométriose diagnostiquée — notamment chez les femmes présentant une dominance œstrogénique sans foyers détectables. Si tu suspectes une endométriose, le bilan de référence est l'IRM pelvienne T2 réalisée par un radiologue expert (centres CREF en France), complétée si besoin par une laparoscopie diagnostique.
2.2 SOPK et ventre gonflé hormonal
Le ventre gonflé hormonal SOPK touche 40 à 50 % des femmes avec syndrome des ovaires polykystiques. Le mécanisme est différent de l'endométriose : la résistance à l'insuline provoque une inflammation métabolique chronique (élévation des cytokines pro-inflammatoires), et l'hyperandrogénie modifie la distribution des graisses vers l'abdomen. Si tu associes ventre gonflé + cycles irréguliers + acné, une piste SOPK mérite investigation.
Marie, 28 ans, SOPK : "Je pensais que mes ballonnements étaient digestifs. Mon médecin a demandé une échographie et un bilan hormonal : SOPK confirmé, résistance à l'insuline. Depuis que je traite l'insulino-résistance, mon ventre a changé."
2.3 Ménopause et ventre gonflé
Le ventre gonflé ménopause — ou ménopause ventre gonflé et dur — est très fréquent (60-70 % des femmes en périménopause). La chute des œstrogènes modifie la distribution des graisses vers le tronc, ralentit le transit intestinal, et aggrave la perméabilité intestinale. La dysbiose du microbiote ménopausique (réduction des Lactobacillus) contribue aussi aux gonflements fonctionnels.
2.4 SIBO et chevauchement avec l'endobelly
40 à 60 % des femmes endométriose présentent aussi un SIBO (Small Intestinal Bacterial Overgrowth) ou un syndrome de l'intestin irritable. La distinction est importante pour le traitement :
- SIBO : gonflement surtout après les repas, dans l'heure qui suit, souvent accompagné d'éructations. Diagnostic par test à l'hydrogène expiré.
- Endobelly : gonflement cyclique lié au cycle hormonal, pas nécessairement déclenché par les repas.
- Les deux peuvent coexister — c'est même fréquent. Dans ce cas, un traitement antibiotique du SIBO suivi d'une prise en charge hormonale est nécessaire.
2.5 Dysménorrhée et prostaglandines
Les femmes présentant des règles très douloureuses ont souvent un endobelly plus intense. Le mécanisme : l'excès de prostaglandines (PGF2α, PGE2) produit lors des règles provoque des contractions musculaires lisses, de la douleur et une inflammation locale. Ces mêmes prostaglandines augmentent la perméabilité vasculaire abdominale et la rétention d'eau — renforçant le gonflement.
3. Symptômes associés et impact sur la qualité de vie
3.1 Les symptômes physiques qui accompagnent l'endobelly
| Symptôme | Fréquence |
|---|---|
| Lourdeur et pression dans le bas-ventre | 85 % |
| Douleurs pelviennes / lombaires | 80 % |
| Fatigue accrue (fatigue hormonale) | 75 % |
| Constipation cyclique | 60 % |
| Sensation de masse / pression viscérale | 65 % |
| Gaz et ballonnements associés | 50 % |
| Dyspareunie (douleurs lors des rapports) | 40 % |
3.2 L'impact psychologique : le silence qu'on ne nomme pas
L'endobelly ne détruit pas que le confort physique. 90 % des femmes rapportent une détresse liée à l'image corporelle. Se regarder dans un miroir le soir et ne plus reconnaître son corps est une expérience que les chiffres ne peuvent pas rendre — mais que beaucoup vivent en silence.
- 30 % développent des comportements restrictifs alimentaires (sauter des repas, supprimer des groupes alimentaires) dans l'espoir de "dégonfler" — sans résultat, puisque la cause est hormonale
- 45 % rapportent des symptômes dépressifs associés, souvent non reconnus comme liés à l'endobelly
- 40 % évitent des situations sociales ou des rapports sexuels les jours de gonflement intense
- Le biais médical aggrave la situation : beaucoup de gynécologues et médecins généraux minimisent ce symptôme, l'attribuent au SII, aux émotions ou au surpoids
"Tu n'es pas obèse, tu es malade. Et ta maladie produit de la rétention d'eau inflammatoire que aucun régime ne peut résoudre. Ce n'est pas votre faute. Ce n'est pas votre alimentation. C'est votre système hormonal qui lutte."
4. Solutions naturelles et lifestyle : le protocole 12 semaines
4.1 Alimentation anti-inflammatoire : le fondement
Le régime alimentaire ne guérit pas l'endobelly — mais il peut réduire significativement son intensité et sa fréquence. La stratégie optimale combine le régime méditerranéen, une réduction des FODMAPs en phase de crise et une alimentation à index glycémique bas.
❌ Aliments pro-inflammatoires à réduire ou éliminer
- Sucres rapides et ultra-transformés (pain blanc, pâtes raffinées, viennoiseries industrielles) : élèvent la glycémie → hyperinsulinémie → inflammation
- Alcool — même le vin rouge considéré "protecteur" : augmente la perméabilité intestinale et l'inflammation viscérale, aggrave les œdèmes
- Caféine excessive (plus de 3 cafés/jour) : acidité gastrique, irritabilité intestinale, aggrave les crampes
- Produits laitiers si intolérance au lactose : fermentation colique → distension
- Viandes rouges en excès : acide arachidonique → prostaglandines pro-inflammatoires
- Huiles raffinées riches en oméga-6 (tournesol, maïs) : déséquilibrent le ratio oméga-3/oméga-6, favorisent l'inflammation
✅ Aliments anti-inflammatoires à privilégier
- Poissons gras (saumon, sardines, maquereau, hareng) 3×/semaine : EPA/DHA anti-prostaglandines
- Crucifères (brocoli, chou kale, chou-fleur) : indole-3-carbinol et DIM — anti-œstrogènes naturels qui aident à métaboliser les œstrogènes en excès
- Légumes colorés (épinards, betterave, courge) : caroténoïdes et flavonoïdes anti-inflammatoires
- Ail et oignons : quercétine et allicine avec propriétés anti-inflammatoires prouvées
- Légumineuses (lentilles, pois chiches) : fibres lentes qui nourrissent le microbiote sans fermentation rapide
- Lin, chia, noix : oméga-3 végétaux (ALA) + lignanes phyto-œstrogènes régulateurs
- Gingembre frais : anti-prostaglandines, facilite la digestion
4.2 Les 6 suppléments naturels les mieux prouvés
Oméga-3 EPA/DHA — Meilleure preuve scientifique
Dosage : EPA 1 000–1 500 mg + DHA 500–1 000 mg/jour. Durée : 8–12 semaines minimum. Mécanisme : compétiteur des acides arachidoniques, réduit la synthèse des prostaglandines pro-inflammatoires (PGE2, PGF2α), inhibe le TNF-α. Études : Moen et al. (2008, Acta Obstet Gynecol) — réduction significative des douleurs et de l'inflammation chez les femmes endométriose. Prendre avec un repas gras pour maximiser l'absorption.
Curcuma + Pipérine — Anti-NF-κB puissant
Dosage : curcumine 500 mg × 2–3/jour + pipérine 5 mg (augmente l'absorption jusqu'à 2 000 %). Mécanisme : inhibe le facteur nucléaire NF-κB (maître régulateur de l'inflammation), réduit IL-6 et TNF-α. Étude : Chandrasekaran et al. (2013, Journal of Nutritional Biochemistry) — activité anti-endométriose démontrée in vitro et in vivo. Attention : choisir une formule "hautement biodisponible" (phytosome ou avec pipérine noire).
NAC (N-Acétylcystéine) — Antioxydant des adhérences
Dosage : 600 mg × 2–3/jour. Protocole : 3 jours consécutifs par semaine sur 3 cycles. Mécanisme : précurseur du glutathion, réduit le stress oxydatif, diminue la formation d'adhérences péritonéales. Étude : Berlanda et al. (2012, Reprod Biomed Online) et Zhai et al. (2016) — réduction des douleurs et de la taille des kystes ovariens endométriosiques. Bénéfice additionnel pour les femmes SOPK.
Vitamine D3 — Récepteurs dans l'endomètre
Dosage : 2 000–4 000 UI/jour (adapter selon bilan 25-OH vitamine D, cible > 40 ng/mL). Mécanisme : les récepteurs de la vitamine D (VDR) sont présents dans l'endomètre et les cellules immunitaires — la vitamine D régule les cytokines pro-inflammatoires et inhibe la prolifération des cellules endométriosiques. Études : Harris et al. (2012, Fertil Steril), Viganò et al. (2016, J Endocrinol Invest). À faire avant : dosage sanguin 25-OH vitamine D.
Magnésium glycinate — Anti-spasmodique & anti-prostaglandines
Dosage : 300–400 mg/jour (glycinate = meilleure biodisponibilité que le citrate pour les cas chroniques). Mécanisme : antagoniste calcique naturel qui réduit les spasmes des muscles lisses intestinaux et utérins, diminue la synthèse des prostaglandines, améliore le sommeil et réduit l'anxiété. Prendre le soir pour un double effet relaxant nocturne.
Probiotiques spécialisés — Microbiote et inflammation
Souches clés : Lactobacillus gasseri, Lactobacillus crispatus, Bifidobacterium longum. Dosage : minimum 50 milliards UFC/jour, 8–12 semaines. Mécanisme : restaure la dysbiose intestinale fréquente dans l'endométriose, réduit les lipopolysaccharides (LPS) bactériens qui traversent une paroi intestinale perméable et alimentent l'inflammation systémique. Étude : Uccellatore et al. (2022, Front Immunol) — amélioration significative des symptômes abdominaux et de l'inflammation marquée dans un essai contrôlé. Attention à l'association avec probiotiques pour ventre gonflé : choisir des souches spécifiques endométriose, pas n'importe quel probiotique générique.
4.3 Gestion du stress et régulation du cortisol
Le cortisol est pro-inflammatoire à des niveaux chroniquement élevés. Il augmente la perméabilité intestinale, aggrave la dysbiose, et amplifie la réponse inflammatoire déjà présente dans l'endométriose. Gérer le stress n'est pas optionnel — c'est thérapeutique.
- Cohérence cardiaque 3 × 5 min/jour (appli RespiRelax+, Kardia) : normalise le système nerveux autonome
- Méditation guidée 10–15 min/jour (Calm, Petit Bambou, YouTube en français)
- Yoga restoratif et yin yoga : postures de décompression abdominale, pas de HIIT ni de yoga intense qui augmentent l'inflammation chez les femmes endométriose
- Sommeil de 7–8 h : la privation de sommeil élève le cortisol nocturne et augmente les marqueurs inflammatoires dès 2 jours de restriction
4.4 Activité physique adaptée
| À privilégier | À adapter ou éviter |
|---|---|
| Marche douce 30–45 min/jour | HIIT très intense (↑ inflammation aiguë) |
| Natation, aquagym | Crunches et abdominaux (↑ pression intra-abdominale) |
| Yoga restoratif, yin yoga | Course longue distante en phase de crise |
| Pilates doux (renforcement profond) | Sports de contact en phase menstruelle |
| Vélo elliptique sans résistance élevée | CrossFit lors de poussées inflammatoires |
5. Traitements médicaux et quand consulter
5.1 Traitements médicaux prescrits
Progestérone micronisée (Utrogestan, Prometrium) — Prescrite en phase lutéale (J15 à J28) à 100–200 mg × 2/jour, elle compense la dominance œstrogénique, réduit l'inflammation hormonale et améliore significativement le gonflement abdominal cyclique chez beaucoup de femmes. En continu, elle stabilise les fluctuations hormonales.
Diénogest (Visanne®) 1 mg/jour — Progestatif de synthèse indiqué dans l'endométriose diagnostiquée. Prise continue, il réduit les foyers endométriosiques, diminue l'inflammation péritonéale et stabilise l'endobelly de façon notable dès 3 mois. Effets secondaires : spotting les premières semaines, légère baisse de libido possible.
Analogues GnRH (Lupron, Zoladex) — Réservés aux endométrioses sévères. Bloquent la production ovarienne d'hormones sexuelles, mettant en quelque sorte les ovaires au repos. Efficacité maximale sur l'endobelly, mais entraîne des symptômes ménopausiques (bouffées de chaleur, sécheresse vaginale) compensés par une "add-back therapy" à faible dose. Durée : 3–6 mois, puis réévaluation.
Anti-prostaglandines (ibuprofène, naproxène) — Utiles pour les crises aiguës liées aux règles. Prise 1–2 jours avant les règles prévenues pour prévenir le pic de prostaglandines. Ne traitent pas la cause, mais réduisent l'intensité des crises.
🚨 Consulter en urgence si
- Douleur abdominale > 8/10, brutale, insupportable
- Fièvre > 38,5°C associée à une douleur abdominale (risque de péritonite)
- Douleur thoracique + dyspnée lors des règles (pneumothorax cataménial)
- Absence de selles depuis 72 h + vomissements + ventre de bois (occlusion)
- Perte de connaissance ou état de choc
5.2 Diagnostic endométriose : quand demander un bilan ?
Demande une orientation vers un gynécologue spécialisé en endométriose si tu cumules :
- Endobelly sévère récurrent + douleurs menstruelles invalidantes (EVA ≥ 7/10)
- Dyspareunie profonde (douleur pendant les rapports)
- Symptômes digestifs cataméniaux (douleurs à la défécation pendant les règles)
- Infertilité inexpliquée
Le bilan de référence : IRM pelvienne T2 chez un radiologue spécialisé (réseau CREF/ENDORFRANCE), complétée par une échographie endovaginale de haute résolution. Le CA-125 seul est insuffisant (faible spécificité).
5.3 Gestion quotidienne pratique
Vêtements : bannir les ceintures, tailles serrées et pantalons à bouton les jours de gonflement. Opter pour des matières élastiques, des robes empire ou des pantalons fluides. Ce n'est pas de la "capitulation" — c'est de l'intelligence corporelle.
Tracking : utilise une application (Clue, Flo, Bearable) pour noter tes gonflements et les corréler à ton cycle. Si le pattern est systématiquement pré-menstruel, la cause est très probablement hormonale. Si les gonflements sont aléatoires sans lien au cycle, explorer une piste IBS ou SIBO.
Communication : tu n'as pas à t'excuser, à te justifier ou à "faire semblant" que tu te sens bien. Un gonflement abdominal hormonal est un symptôme médical réel. Parle-en à ton partenaire, à ton employeur si nécessaire (télétravail certains jours), à tes proches. La normalisation passe aussi par les mots qu'on choisit de dire.
6. FAQ — Questions fréquentes sur l'endobelly
L'endobelly signifie-t-il que je suis obèse ?
Puis-je perdre ce ventre avec un régime ou du sport ?
L'endobelly disparaît-il après la ménopause ?
Quelle est la différence entre endobelly et grossesse ?
Peut-on prendre oméga-3 et curcuma ensemble ?
Combien de temps avant de voir des résultats avec les suppléments ?
Les probiotiques pour ventre gonflé fonctionnent-ils sur l'endobelly ?
L'endobelly est-il héréditaire ?
Conclusion : ton ventre mérite d'être entendu
L'endobelly est réel. Ce n'est pas psychologique, ce n'est pas de la faiblesse, ce n'est pas un régime raté. C'est une conséquence biologique d'une inflammation hormonale chronique, et comme toute pathologie biologique, elle mérite une prise en charge sérieuse.
Les solutions existent. Elles ne sont pas magiques — elles demandent de la constance, de la patience, et souvent un accompagnement médical adapté. Commence par ce que tu contrôles : l'alimentation anti-inflammatoire, les oméga-3, le curcuma, la gestion du stress, le sommeil. Ces changements, maintenus sur 12 semaines, font une différence documentée.
Si ces mesures ne suffisent pas — si l'endobelly est invalidant, douloureux, associé à des règles intenses ou à des symptômes gynécologiques — consulte un gynécologue spécialisé en endométriose. Tu as le droit d'être prise au sérieux. Tu as le droit d'un diagnostic. Tu as le droit de ne plus souffrir.
En France, 1,5 million de femmes partagent cette réalité. Tu n'es pas seule. Et ce guide est une première étape — pas une destination finale.
Ressource gratuite
📥 Checklist anti-endobelly : protocole 12 semaines
30 aliments à privilégier / à éviter + tableau de suppléments + tracker de cycle hormonal — tout en un PDF à télécharger.
Recevoir le guide gratuit →📚 Bibliographie scientifique
1. Garcia-Solares J et al. (2018). Pathogenesis of endometriosis-associated pain. J Clin Med. — 2. Moen MH et al. (2008). Omega-3 fatty acids and endometriosis. Acta Obstet Gynecol Scand. — 3. Chandrasekaran et al. (2013). Curcumin inhibits endometriosis through NF-κB. J Nutr Biochem. — 4. Berlanda N et al. (2012). N-acetylcysteine in endometriosis. Reprod Biomed Online. — 5. Zhai J et al. (2016). NAC reduces endometriosis peritoneal adhesions. Gynecol Obstet Invest. — 6. Harris HR et al. (2012). Vitamin D receptor haplotype and endometriosis. Fertil Steril. — 7. Viganò P et al. (2016). Vitamin D in endometriosis. J Endocrinol Invest. — 8. Uccellatore A et al. (2022). Probiotics and endometriosis-associated symptoms. Front Immunol. — 9. Ko CH et al. (2014). Ginger for dysmenorrhea. J Altern Complement Med. — 10. Proctor ML, Murphy PA (2001). Herbal and dietary therapies for dysmenorrhoea. Cochrane Database Syst Rev.